Confidences pour une renaissance 11 avril 2024 – Posté dans: Le blog
Bonjour à toutes et à tous,
Par où débuter …
J’ai commencé à écrire plusieurs fois, pour finir par tout effacer et repartir à zéro.
Et finalement, à l’instar de ma situation artistique actuelle, quand on est dans une impasse, il faut revenir aux basiques.
L’impasse: Cette situation où on a trop avancé sur une voie qui n’aboutit nulle part, ou tout du moins, pas là où on a envie d’être .
J’ai commencé à bricoler le bois par plaisir, par envie et par inspiration.
J’ai décidé de fabriquer ce métier, mêlant imagination, savoir-faire et états de grâce.
Le luminaire, mon premier amour, est vite devenu glamour et sensuel, l’évocation d’un certain érotisme, entre deux réalisations plus natures.
Deux univers opposés qui peuvent toutefois cohabiter dans un seul et même esprit.
Puisque le paradoxe est un de mes traits de caractère.
J’avais envie de plus, toujours plus, répondant au caractère entier qui est le mien.
J’ai appris le tournage sur bois, ce qui m’a fait avancer et évoluer.
Cette technique qui permet de réaliser pléthores de créations, dans bien des styles, m’a ouvert des portes, notamment sur les accessoires.
Quelle satisfaction de partir d’un morceau de bois et d’obtenir un stylo, un rasoir, un tire bouchon, un moulin à poivre, et tant d’autres choses du quotidien qui peuvent être transformées en pièce uniques par l’usage du bois.
Les bijoux aussi.
Ca m’a plu de réaliser ces pièces simples et fantaisie pour les marchés, où j’ai eu le plaisir de faire la rencontre de clientes ravies.
Mais sans avoir le sentiment d’une pièce réellement artistique, différentes, uniques.
Non, l’état de grâce n’est pas souvent arrivé derrière mon bureau bijoutier.
De fil en aiguille, j’ai réalisé plus de petites pièces, des accessoires, des bijoux.
Parce qu’il y avait des demandes, des commandes, pourquoi les aurais je refusées?
Puis un jour, me retrouvant dans mon atelier, à réaliser des stylos à la chaîne , je me suis bien demandée ce que je foutais là, à enchainer des pièces, sans plaisir, avec pour simple objectif de remplir mes rayons.
Ce jour là, j’ai craqué.
J’ai arrêté net mon travail, je me suis accroupie et j’ai pleuré.
Où était passé le plaisir? L’inspiration? la créativité?
Pas à mes côtés en tous cas .
J’ai dit stop.
Non, ce n’est pas pour ça que je m’étais lancée dans l’aventure, ça n’était pas pour ça que j’avais signé.
Une introspection était nécessaire.
En m’interrogeant sur mon métier, je n’y ai vu qu’un grand vide, une pression, une oppression même.
J’ai eu envie de tout lâcher, d’abandonner, de faire autre chose.
Je me suis alors dit que c’était fini, que j’avais vécu ma passion pendant un moment, mais que le temps était venu pour moi de tourner la page.
Je vous parle de ça comme s’il s’était passé quelques jours, mais j’ai vacillé entre moult états d’esprit pendant des mois.
Tantôt démissionnaire, tantôt à la recherche vaine de l’inspiration perdue, mais toujours dans le flou.
Et une question qui tournoyait dans mon esprit: comment en suis je arrivée là ?
A faire du digeste, de l’unanime au détriment total de mon plaisir et de mes inspirations profondes?
Je n’étais visiblement plus faite pour ça.
Au bout d’un certain temps, j’ai donc envisagé la fin, accepté de mettre des mots dessus.
En parler a été une épreuve . Un déchirement.
Puis je me suis faite une raison.
J’ai d’autres talents, je les exploiterai, non sans plaisir, il faut le dire.
Mon compromis, réaliser des commandes, si et seulement si, j’en avais envie.
Je n’hésiterais pas à décliner une commande si sa réalisation ne me fait pas plaisir.
J’en ai décliné quelques unes, accepté d’autres, mais sans grande envie, au final.
Je passais à autre chose, tranquillement.
Et puis, je me souviens parfaitement de ce jour pluvieux, j’étais en voiture, seule, moment privilégié pour moi, car siège de belles escapades mentales.
Je peux vous dire où j’étais et quelle heure il était .
Il me vient en tête une idée, comme avant.
Il parait qu’on appelle ça la synesthésie.
La capacité à générer spontanément une image mentale très précise d’un objet qui n’existe pas encore.
Une lampe, je la vois, je vois sa forme, sa taille, ses couleurs.
Je trouve ça chouette, ça me plaît.
J’ai envie de la faire.
Je prends vite mon téléphone pour dessiner la pièce, quelques notes supplémentaires, pour ne pas l’oublier.
Le lendemain, j’y repense, et mon esprit saute sur une autre idée, encore plus attirante pour moi.
C’est précis, coloré, sensuel.
Les jours suivants, j’ai dû ressortir mon « carnet à idées » tant les images arrivaient en nombre.
des lampes, des arts graphiques.
Je suis retournée dans mon atelier avec envie, bonheur.
Un après midi, voilà, il était là, l’état de grâce.
De ce jour, j’ai commencé à me sentir mieux, car, sans m’en apercevoir, mon moral avait décliné.
J’ai donc accueilli les idées, même simples, avec plaisir.
Des pièces qui me ressemblent, chassant consciemment les notions commerciales.
Car tout le problème était là.
Combien de fois ai je entendu des personnes dire, à propos de mes lampes Madame, « c’est beau! bonne continuation! », ou « il faut avoir un intérieur particulier pour acheter ça.. », ou encore « vous avez du talent, c’est vraiment très élégant! » , sans aller jusqu’a l’achat.
J’ai fini par me dire que si j’avais du talent, je n’en avais pas assez pour en faire un métier.
Et bien soit, un métier est fait pour en vivre, sinon c’est un hobby.
Mais moi, je refuse que mon métier ne soit qu’un moyen de payer mes factures.
Je suis une passionnée, et mon métier doit être passionnant, c’est donc par là que tout doit commencer.
Alors sûrement que les dernières inspirations que j’ai eues ne conviendront pas à tout le monde, qu’elles feront moins l’unanimité que ce que j’ai pu faire par période, mais ça doit m’être égal.
Car tous les créateurs/artistes sont dans le même cas, si l’inspiration de vient pas de l’essence de notre être, alors nous ne sommes plus créateurs ou artistes, nous sommes justes des fabricants.
Si ce que je crée est un miroir de mon esprit, certaines personnes ont un rôle prépondérant à y jouer.
Je suis reconnaissante envers ma famille à l’esprit artistique indéniable, en particulier à ma soeur qui a toujours cru en moi, les amis, en qui je trouve écho et soutien, et enfin à mon mari, au soutien indéfectible, quelles que soient mes décisions.
Sans toi, cette renaissance n’aurait jamais eu lieue.
J’ouvre donc un nouveau chapitre dans ma créativité, avec l’expérience et le savoir faire que j’ai acquis.
J’ai hâte de pouvoir partager ce nouveau chapitre avec vous, vous qui aimerez, et vous qui n’aimerez pas, car si vous n’existiez pas, c’est que je me serais encore égarée.
Je vous dit donc à bientôt, pour la découverte de nouvelles créations plaisir! ;-)
Géraldine
